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La soudure en bijouterie : chalumeau, brasures et pièges à éviter

La soudure en bijouterie : chalumeau, brasures et pièges à éviter

Fermer un anneau, fixer une bélière, assembler un chaton sur une bague : en bijouterie, presque tout passe à un moment par le chalumeau. La soudure est souvent le geste qui impressionne le plus les débutants. Elle demande pourtant moins de force que de méthode. Voici les bases, telles qu’on les apprend dans les ateliers.

Soudure ou brasure ?

Les bijoutiers parlent de « soudure », mais il s’agit en réalité de brasure : on ne fait pas fondre les pièces à assembler, on fait fondre entre elles un alliage d’apport dont la température de fusion est plus basse. Cet alliage, que l’on appelle couramment « la soudure », est de même nature que le métal travaillé : soudure d’argent pour l’argent, soudure d’or au bon titre et de la bonne couleur pour l’or.

Les différentes soudures

On trouve les soudures sous forme de fil, de plaque à découper en petits morceaux (les paillons), de pâte ou de poudre. Elles existent en plusieurs « duretés » :

SoudureFusionQuand l’utiliser
Durela plus élevéepremières soudures d’une pièce, anneaux, joints visibles
Moyenneintermédiairesoudures suivantes
Tendre (facile)la plus bassedernières soudures, petites pièces, réparations

La règle est de commencer par la soudure la plus dure et de descendre ensuite, pour ne pas faire refondre les joints déjà faits. Une soudure dure donne aussi un joint plus proche de la couleur du métal et moins visible après polissage.

Pour l’or, il faut choisir une soudure du même titre que le bijou, faute de quoi le joint se voit et le poinçon de titre pourrait être contesté.

Le matériel de base

  • un chalumeau : au gaz seul pour débuter, ou gaz et air ou oxygène pour plus de puissance ;
  • un bloc de soudure réfractaire et une plaque de protection ;
  • des pinces brucelles à pointes croisées pour tenir les pièces ;
  • un flux, pâte ou liquide, qui empêche l’oxydation ;
  • un bac de décapage ;
  • une pique en titane ou en acier pour guider la soudure fondue.

L’outillage d’ensemble du débutant est présenté dans apprendre la joaillerie.

Les étapes d’une bonne soudure

  1. Ajuster. Les surfaces doivent se toucher parfaitement, sans jour. La soudure ne comble pas les trous : elle file par capillarité dans un joint bien fermé.
  2. Nettoyer. Le métal doit être propre et sans graisse. Une trace de doigt suffit parfois à empêcher la soudure de couler.
  3. Appliquer le flux sur le joint et autour.
  4. Placer les paillons sur le joint, ou préparer le fil de soudure.
  5. Chauffer l’ensemble, pas seulement le joint. La soudure coule vers la partie la plus chaude : si une pièce reste froide, la soudure l’évitera.
  6. Concentrer la flamme quand le métal approche de la bonne couleur. La soudure fond d’un coup et file dans le joint.
  7. Retirer la flamme aussitôt.
  8. Décaper la pièce pour retirer oxydes et flux, puis rincer.

Les pièges classiques

La soudure qui fait boule

Elle fond mais ne file pas : le métal autour n’est pas assez chaud, ou le joint est sale. On reprend en chauffant plus largement.

La pièce fondue

L’argent ne change pas beaucoup de couleur avant de fondre, et une fine pièce, comme un fil ou une griffe, chauffe bien plus vite qu’une plaque épaisse. On oriente donc la flamme vers la partie la plus massive.

La porosité

De petits trous apparaissent dans le joint : surchauffe, flux brûlé, ou soudure appliquée en trop grande quantité. Il faut parfois tout reprendre.

Le firestain sur l’argent

En chauffant, le cuivre contenu dans l’argent 925 s’oxyde en profondeur et laisse une ombre grise qui résiste au décapage. On la limite avec un flux protecteur sur toute la pièce, et on la retire par ponçage avant le polissage.

Les soudures qui se défont

Une deuxième soudure trop proche d’une première, avec une soudure de même dureté, fait refondre la première. D’où l’importance de l’ordre des soudures, et des pâtes anti-chaleur qui protègent les joints voisins.

Pierres et chaleur

La plupart des pierres ne supportent pas le chalumeau : elles peuvent se fendre, changer de couleur ou perdre leur éclat. On soude donc avant le sertissage. Les réparations sur bijoux sertis demandent des précautions particulières, voire le dessertissage des pierres. La soudure laser, utilisée dans de nombreux ateliers, permet d’intervenir de façon très localisée.

La sécurité

Le chalumeau impose quelques règles strictes : poste dégagé, matériaux inflammables éloignés, cheveux attachés, lunettes de protection, ventilation correcte pour évacuer les fumées de flux et de décapage. Le bac de décapage, acide, se manipule avec des pinces non ferreuses et des gants.

Après la soudure

Un joint réussi disparaît après la mise en forme et le polissage. Il ne doit plus se voir, ni au toucher, ni à l’œil. C’est le signe d’un travail propre, et l’une des premières choses que l’on regarde sur un bijou fait main.

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