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L'émail en bijouterie : cloisonné, champlevé, plique-à-jour

L'émail en bijouterie : cloisonné, champlevé, plique-à-jour

Le bleu profond d’un pendentif, le vert translucide d’une broche ancienne, les couleurs vives d’une bague contemporaine : l’émail donne au métal une palette que les pierres seules ne peuvent offrir. Technique millénaire, il connaît aujourd’hui un vrai regain chez les créateurs. Voici ses principes et ses grandes techniques.

Qu’est-ce que l’émail ?

L’émail est une matière vitreuse colorée par des oxydes métalliques. Il se présente sous forme de poudre ou de petits grains, que l’on dépose sur le métal puis que l’on cuit au four. Sous l’effet de la chaleur, le verre fond, se lie au métal et durcit en refroidissant. Il ne s’agit donc ni d’une peinture ni d’une résine, malgré la confusion fréquente avec les « émaux à froid ».

On distingue :

  • les émaux opaques, qui couvrent totalement le métal ;
  • les émaux transparents, qui laissent voir le métal en dessous, et ses éventuelles gravures ;
  • les émaux opalescents, entre les deux.

Les métaux supports

Tous les métaux ne se prêtent pas à l’émaillage. Les plus utilisés sont :

MétalAtoutsRemarques
Cuivreéconomique, idéal pour apprendreles couleurs transparentes y prennent des teintes chaudes
Argent finrend les transparents lumineuxplus stable que l’argent 925 pour l’émaillage
Orcouleurs éclatantes, grande tenuecoût élevé
Acier émailléusage industrielrarement en bijouterie d’art

L’argent 925 peut être émaillé, mais le cuivre qu’il contient s’oxyde à la cuisson et peut troubler les émaux transparents. Beaucoup d’émailleurs préfèrent l’argent fin pour les pièces délicates. Les différents métaux de la joaillerie sont présentés dans les métaux de la joaillerie.

Les grandes techniques

Le cloisonné

De fines bandes de métal, les cloisons, sont posées sur chant sur la plaque de fond pour dessiner un motif. Chaque compartiment est rempli d’une couleur d’émail. Après cuisson et polissage, les cloisons dessinent les contours comme le plomb d’un vitrail. C’est une technique très ancienne, pratiquée notamment dans l’Empire byzantin et en Chine.

Le champlevé

Ici, le métal est creusé. Le motif est gravé, ciselé ou gravé à l’acide dans une plaque épaisse, et les creux sont remplis d’émail. Les parties non creusées restent visibles et forment le dessin. Les émaux champlevés de Limoges, au Moyen Âge, ont fait la renommée de la ville.

La basse-taille

Le métal est gravé ou ciselé en léger relief, puis recouvert d’un émail transparent. Là où le creux est plus profond, la couleur est plus sombre ; là où il est moins profond, plus claire. On obtient un effet de modelé d’une grande finesse.

Le plique-à-jour

C’est la technique la plus spectaculaire. L’émail transparent est tendu dans des alvéoles sans fond, comme un minuscule vitrail. Pendant la cuisson, il est maintenu par un support provisoire, retiré ensuite. Les bijoutiers de l’Art nouveau l’ont porté à un sommet de virtuosité. Les pièces sont fragiles : elles craignent les chocs et la flexion.

L’émail peint

Les couleurs sont appliquées au pinceau sur un fond d’émail déjà cuit, comme une miniature. Plusieurs cuissons successives sont nécessaires. C’est la technique des portraits sur émail et de nombreux cadrans de montres.

La cuisson

L’émail se cuit dans un four à émailler électrique, à haute température, pendant un temps très court, généralement de l’ordre de quelques minutes. L’émailleur surveille la pièce à travers la porte ou la sort régulièrement : l’émail passe d’un aspect granuleux à une surface lisse et brillante quand il est à point.

Une pièce demande souvent plusieurs couches et plusieurs cuissons. On émaille aussi parfois le revers de la plaque, ce que l’on appelle le contre-émail, pour équilibrer les tensions et éviter que l’émail ne se fende en refroidissant.

Certains émailleurs débutants utilisent aussi un chalumeau pour de petites pièces, mais le four donne une chaleur plus homogène.

Émail et fabrication du bijou

L’émail impose un ordre de travail. Les soudures doivent être faites avec des soudures adaptées, résistant à la température de cuisson, ou réalisées après l’émaillage avec beaucoup de précaution. Les pierres sont généralement serties à la fin, car elles ne supportent pas le four. Et le polissage final se fait à la main, en évitant de toucher l’émail avec des pâtes agressives.

La sécurité

Les poudres d’émail ne doivent pas être respirées : on travaille au calme, sans souffler dessus, et l’on se lave les mains après manipulation. Certains émaux anciens contenaient du plomb. Le four impose des gants et des pinces adaptés, et une ventilation correcte.

Porter et entretenir un bijou émaillé

L’émail est dur, mais il est cassant comme du verre. Il résiste mal aux chocs, aux chutes et aux brusques changements de température. On nettoie un bijou émaillé à l’eau tiède savonneuse, avec une brosse douce, sans produit abrasif ni bain à ultrasons. On évite aussi les produits pour argent sur les zones émaillées. Les autres conseils sont réunis dans entretenir ses bijoux.

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